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FRAIS D'ÉTABLISSEMENT DES
petits métiers dans Paris (Partie 1/2) (D'après un article paru au XIXe siècle)
A Paris, en effet, il est une classe laborieuse d'hommes et de femmes, vieillards, jeunes filles, enfants, dont toute l'existence repose uniquement sur un gain quotidien qui ne s'élève pas toujours à dix sous, et qui atteint rarement trente sous. Encore leur faut-il, au commencement, des instruments de travail, un capital, un fonds, qu'ils perdent parfois en quelques journées ; car ils sont exposés, aussi bien que les grands commerçants, aux faillites. Il suffit, pour consommer leur ruine, d'une maladie qui a duré plus d'une semaine ; d'une amende que par imprudence ils ont encourue ; d'une partie de plaisir qui a commencé trop tôt le dimanche et a fini trop tard le lundi ; ou même d'un prêt généreux à quelque malheureux plus malheureux qu'eux-mêmes, et qu'ils n'ont pu secourir qu'en engageant au Mont-de-Piété tout ce qu'ils possédaient. A défaut d'outils, de marchandises ou de provisions, ils seraient réduits à la mendicité ; mais, habitués au travail et à une sorte d'indépendance au milieu de cette grande ville, dont ils sont les habitants nomades, ils ne se résigneraient qu'à la dernière extrémité à vivre d'aumônes ; ils préfèrent emprunter à de pauvres gens qu'ils ont peut-être aidés autrefois, ou, s'ils demandent à des personnes riches de leur connaissance, c'est à titre d'avance seulement ; ils exigent même souvent alors qu'on aille acheter avec eux les objets qui leur sont nécessaires pour travailler, soit qu'ils ne veuillent pas être soupçonnés d'un mauvais emploi de l'argent, soit qu'ils redoutent eux-mêmes la tentation, toujours prête à les saisir au milieu de leurs privations continuelles. Il y a une variété infinie de ces petits métiers, et ils nécessitent en général plus d'aptitude et d'expérience qu'on ne saurait l'imaginer. Les uns peuvent être considérés comme fixes et durables, par exemple ceux des écrivains publiques, barbiers sans boutique, petites couturières à la journée, etc., marchandes des quatre saisons, marchandes de friture, de gaufres, de petits gâteaux, de jouets, commissionnaires, porteurs d'eau, marchands d'habits, joueurs d'orgue, marchands de ferraille, de bric-à-brac, de verres cassés, chiffonniers, décrotteurs, etc., etc., etc. ; d'autres, au contraire, sont passagers, changeants, et souvent sont sujets au cumul, par exemple ceux des marchands de tisane, scieurs de bois, ébarbeuses de socques, colporteurs d'almanachs, crieurs d'évènements remarquables et de jugements célèbres, marchands de marrons, pêcheurs à la ligne, etc., etc. ; mais tous, sans exception, peuvent être entrepris au moyen d'une première mise de fonds, qui n'est, suivant leur importance, que de 20 fr., de 10 fr., et pour quelques-uns même de 5 fr. Des renseignements minutieux, en grande partie extraits des procès verbaux et des pièces de comptabilité d'un comité de secours institué vers 1820 par quelques jeunes gens dans la rue Taranne, nous permettront de donner successivement les notes statistiques des frais indispensables d'établissement de ces différentes professions ; avant tout, nous croyons nécessaire de faire précéder cette sorte d'inventaire d'une seule remarque générale. La plupart des états dont il sera question s'exercent en plein air, ou à peu près ; il est donc une dépense qui doit prudemment précéder toutes les autres, c'est le paiement du loyer d'un réduit pendant la durée du premier mois de travail. Le prix le plus élevé, chez les principaux logeurs, est fixé à 4 francs, du moins aux environs du Panthéon, de Notre-Dame et de l'Hôtel-de-Ville. SUITE DE L'ARTICLE : les frais d'établissement |
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