Biographies et portraits des rois, empereurs et présidents de la France Notices biographiques sur les monarques et souverains. Vie, histoire, portrait.
Le portrait de chaque roi, monarque, souverain, empereur, président. Biographie, caractère, oeuvre, actions marquantes de leur règne, afin de montrer combien les rois, empereurs et présidents ont façonné l'Histoire de France. Dynasties des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Bourbons, Valois, Valois-Orléans, Valois-Angoulême.
Rois, empereurs, présidents. Date de règne, vie et oeuvre
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LOUIS XII le Père du peuple
(né le 27 juin 1462, mort le 1er janvier 1515)
Roi de France : règne 1498-1515
Partie 1/4

Surnommé le Père du peuple, Louis XII naquit à Blois, le 27 juin 1462, de Charles, duc d'Orléans, et de Marie de Clèves. Il se trouva le premier prince du sang après la mort de Louis XI. Il n'avait paru jusqu'alors occupé que de plaisirs frivoles, d'intrigues de galanterie ; tout à coup il se montra beaucoup plus jaloux du pouvoir qu'on n'aurait pu le soupçonner.

S'étant réuni au duc de Bourbon, l'un des princes les plus distingués de ce temps-là par sa sagesse et son expérience, ils disputèrent de concert la régence à madame de Beaujeu, prétendant, par une subtilité assez singulière, que la garde et la tutelle du jeune roi Charles VIII, qui avaient été données solennellement à sa sœur par Louis XI, n'étaient pas la régence ni le gouvernement du royaume. Cette princesse, ne se trouvant pas assez forte pour repousser une telle prétention, s'en remit aux états généraux, qui, réunis à Tours en 1484, reconnurent la majorité du roi, laissèrent néanmoins le soin de sa personne à sa sœur et décidèrent que les princes du sang avaient seulement
Roi Louis XII
Louis XII (1498-1515)
le droit de siéger au conseil, et que le duc d'Orléans en était président en l'absence du jeune monarque.

Cette décision, comme toutes les demi-mesures, ne satisfit personne : la duchesse de Beaujeu continua d'exercer l'autorité avec son caractère de dureté et de violence accoutumé ; et le duc d'Orléans eut d'autant plus lieu de s'en plaindre, que cette princesse avait à se venger à son égard d'une passion dédaignée. Ne se croyant plus en sûreté dans le royaume et voulant d'ailleurs attaquer ouvertement un pouvoir qui lui était odieux, il se réfugia en Bretagne avec un grande nombre de seigneurs mécontents.

Ce fut alors qu'il vit pour la première fois la belle héritière du duc François II. Doué de tous les avantages capables de séduire, il toucha le cœur de cette princesse, et dès lors il obtint la promesse de sa main s'il parvenait à faire annuler le premier mariage qu'il avait contracté. Mais pendant ce temps Charles VIII, ou plutôt la duchesse de Beaujeu, avait convoqué un lit de justice pour le faire juger comme rebelle. L'avocat général Lemaistre, après avoir exposé toutes ses intrigues, ses révoltes et ses alliances avec les ennemis de l'État, avait requis contre lui un arrêt de condamnation. On n'osa pas en venir à cette extrémité contre le premier prince du sang, et on lui donna un délai de deux mois ; mais ceux qui l'avaient suivi furent déclarés rebelles et dépouillés de leurs biens.

Pendant ce temps, le duc d'Orléans marchait contre les troupes du roi à la tête d'une armée composée de Français, de Bretons, d'Anglais et d'Allemands. Cette armée était belle et nombreuse, mais ses chefs étaient divisés. Le duc d'Orléans, qui aurait dû la commander, fut contrarié par les intrigues du sire d'Albret, qui, jaloux de ses succès auprès de la princesse de Bretagne, avait semé contre lui la défiance parmi les soldats. Le duc, voulant confondre l'imposture et rassurer les esprits, descendit de cheval pour combattre à pied parmi les Allemands ; et cette circonstance fut cause de son malheur.

Les deux armées s'étant rencontrées à Saint-Aubin, les confédérés furent vaincus par la Trémoille le 26 juillet 1488 ; et le duc d'Orléans tomba au pouvoir de ses ennemis. La Trémoille envoya à la mort, selon les instructions qu'il avait reçues, tous les Français qui furent pris en combattant dans l'armée ennemie ; et le duc d'Orléans lui-même fut transféré de prison en prison jusqu'à la tour de Bourges, où l'on poussa la rigueur au point de le tenir pendant la nuit dans une cage de fer.

Ce ne fut qu'au bout de trois ans qu'il sortit de cette horrible situation, à la prière de Dunois et par la bonté de Charles VIII, qui avait toujours eu pour lui un penchant auquel la duchesse de Beaujeu l'avait empêché longtemps de se livrer. Enfin la vertueuse Jeanne, qui avait tant à se plaindre du duc d'Orléans, ayant oublié ses torts pour se jeter aux pieds du roi et l'implorer en faveur de son infidèle époux, le monarque lui dit en pleurant : « Vous aurez ce que vous souhaitez si ardemment ; fasse le ciel que vous n'ayez pas à vous en repentir ! »

Quelque temps après, sous prétexte d'une partie de chasse, le roi se rendit à la prison et le fit mettre en liberté. L'entrevue de ces deux princes fut extrêmement touchante. Dès que le duc d'Orléans aperçut le monarque, il descendit de cheval et se précipita à ses pieds sans avoir la force de prononcer un mot. Charles le serra dans ses bras, le pria d'oublier le passé, et ne voulant pas se séparer de lui, lui fit dresser un lit dans sa chambre. Il exigea ensuite qu'il se réconciliât avec le duc et la duchesse de Beaujeu ; ce que l'âme généreuse de Louis le porta bientôt à faire de la manière la plus franche et la plus sincère. Ces princes jurèrent sur l'Évangile d'oublier le passé, de se protéger et de se défendre mutuellement ; et le duc d'Orléans fut nommé gouverneur de la Normandie, où l'on craignait une descente des Anglais.

Malgré les violentes accusations d'ambition et de dérèglement de mœurs que plusieurs auteurs et notamment Cl. de Seyssel et Saint-Gelais ont élevées contre la jeunesse de Louis XII, on doit reconnaître, avec Rœderer, que ces accusations sont fort exagérées. Le duc d'Orléans, premier prince du sang, était, jusqu'à un certain point, fondé à disputer à Anne de Beaujeu, jeune princesse de vingt-et-un ans, la régence du royaume. D'ailleurs ce n'est pas à la voie des armes qu'il en appela, mais aux états généraux, et ce fut non lui, mais Anne qui contrevint à la décision des états.

Quant à la guerre de Bretagne, si Louis XII, alors duc d'Orléans, eut le malheur de porter les armes contre son pays, on doit reconnaître cependant que c'est Anne de Bretagne qui commença, jalouse qu'elle était du mariage de ce prince avec l'héritière du duché. Louis contribua ensuite de bonne foi au mariage d'Anne de Bretagne avec Charles VIII, et parut faire très sincèrement le sacrifice de sa passion à l'intérêt de l'État. En 1495, il accompagna Charles VIII dans son expédition d'Italie, où il montra beaucoup plus de valeur que d'habileté. S'étant laissé enfermer dans Novare, il y soutint un siège long et pénible, quoiqu'il fût atteint d'une maladie grave. Revenu en France avec le roi, il se trouvait auprès de lui lorsque ce monarque mourut.

En succédant à Charles VIII, qui ne laissait point d'enfants, son premier soin fut de porter la sécurité dans l'esprit de ceux qui croyaient avoir quelque raison de craindre son ressentiment ; il ne vit plus dans la duchesse de Beaujeu que sa parente, la fille de Louis XI, à laquelle la France avait eu de grandes obligations pendant la jeunesse de Charles VIII ; enfin il fit pour la famille de cette princesse tout ce qu'elle aurait pu faire elle-même si elle avait conservé le pouvoir.

Dans le même temps, excité par des courtisans à se venger de la Trémoille, qui l'avait fait prisonnier à Saint-Aubin et qui s'était montré si inexorable envers ses amis, il leur dit : « Ce n'est point au roi de France à venger les querelles du duc d'Orléans. » Il confirma dans leurs emplois ceux qui avait été nommés par son prédécesseur, et ne signala son avènement au trône que par des réformes utiles à ses peuples. La discipline militaire était considérablement affaiblie ; il s'efforça de lui rendre sa vigueur ; il abrégea les formalités judiciaires, réduisit la valeur des présents que l'usage autorisait à faire aux juges, et l'inamovibilité. Il diminua en même temps d'un tiers les impôts et ne voulut jamais depuis consentir à les augmenter, malgré les guerres qu'il eut à soutenir.

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