Fille de Didier, roi de Lombardie, et de Ansa, Gerberge était une des sœurs de Désidérade, seconde épouse (ou troisième si l’on compte celle qui aurait été la toute première, Galène) de Charlemagne. Elle avait deux fils, Pépin et Siagrius (connu sous le nom de saint Siacre), quand elle perdit son époux Carloman à Samonay ou Samoncey, dans le diocèse de Laon. A la mort de Carloman les hommes d’armes de son frère Charles s’étaient montrés dans les avenues, et les comtes, les abbés, les évêques, prenant peu garde aux enfants, étaient venus, sans opposition, reconnaître Charlemagne.
La veuve de Carloman, en voyant son domaine envahi, avait cherché un asile avec ses enfants à la cour de son père. La difficulté d’accorder les dates à l’aide des documents incomplets du temps, empêche de savoir si la répudiation de Désidérade précéda ou suivit la mort de Carloman. Il semble indubitable que la répudiation a dû précéder la retraite de Gerberge. Sans doute, Didier aurait craint d’offenser Charles, en accueillant Gerberge, si déjà la répudiation de sa fille aînée ne lui eût fait regarder le roi comme un ennemi.
En se posant comme le protecteur de la veuve et des enfants de Carloman, Didier espérait se rattacher les seigneurs d’Austrasie et de Bourgogne ; mais il se trompa : c’était une dynastie austrasienne qui régnait dans la descendance de Pépin d’Héristal et de Charles Martel. Toute l’Austrasie salua Charles quand il se présenta pour régner, en se plaignant de l’injure que lui faisait la veuve de son frère, qui cherchait un appui près des Lombards. Le partage des deux frères n’a jamais été clairement connu : peu importe que, durant ces trois premières années, Charles ait régné sur le nord ou sur le midi ; tout se perd bientôt dans l’empire qu’il fonda.
Lorsqu’en 774 les armées franques vainquirent les Lombards, on ne sait ce qu’il advint de Gerberge et de son fils Pépin. En revanche, un manuscrit de Saint-Pons de Nice porte que Siagrius, le plus jeune des enfants, fut élevé à l’abbaye de Saint-Pons, s’y fit religieux, et que le pape Adrien lui conféra plus tard l’évêché de Nice. C’est ce Siagrius qui transféra le siège épiscopal de Cimiers à Nice, et mourut en 797.
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